Les difficultés de la vente en ligne au Gabon

Pourquoi la vente en ligne au Gabon via les plateformes de e-commerce a du mal à décoller ?

Parmi, les raisons pouvant sous tendre ce constat amer il y a entre autres : le paiement en espèce omniprésent, l’absence de plateformes fiables, manque de formation et cybercriminalité. Malgré ce tableau noir, une poignée d’entreprises sort du lot. À la lumière de ce constat ambivalent, nous tenterons de faire la lumière sur les causes de cette situation.

Le Gabon à l’instar de ces voisins compte parmi les pays où la vente en ligne est l’un des plus faible. Plusieurs causes tant endogènes et exogènes sont au cœur de cet état de chose. Une liste non exhaustive pour cerner ce problème sera dressée ci-après.

Les e-commerçants ont dû s’adapter à l’environnement du commerce en ligne

Malgré le fait que l’ensemble de la population gabonaise ne détienne pas une carte bancaire, malgré les fraudes récurrentes rien de tout ceci n’a stopper  leur désir de s’effrayer un chemin dans cette aventure aux risques élevés. Des spécialistes de l’innovation ont déclaré que l’Afrique est l’endroit au monde où l’on enregistrait le plus de fraude en ligne à l’échelle planétaire avec 7%, contre 5% en Asie et 2% en Europe, étude datant de 2013. En dépit de ces affirmations alarmistes les e-commerçants ne se sont pas pour autant découragés. Bien que, seuls 15% à 20% des gabonais sont détenteurs d’un compte bancaire d’après l’étude sur les classes moyennes CFAO menées par IPSOS et BearingPoint. Cette révélation à tout de suite fait comprendre aux personnes désireuses de se jeter dans le milieu que le paiement bancaire était à écarter.

À ce moment précis, ils ont compris qu’il fallait s’acclimater à leur environnement sociétal en diversifiant la palette de moyen de paiement. Dès cet instant, les opérateurs mobiles ont compris qu’il y avait une occasion pour eux de solutionner ce problème de paiement en ligne.

A côté du paiement via smartphone l’une des méthodes les plus rentables reste le paiement en espèce notamment à la livraison. Elle représente près de 90 % des achats en ligne.

Fort de ce constat, les moyens de paiement qu’il soient fait amant des livraisons où via les réseaux sociaux est au cœur de cette activité qui reste sensible. C’est pourquoi dès qu’il y a manque de confiance entre l’une des parties, cela conduit inexorablement les consommateurs deviennent réticents. Au point même de ne plus vouloir souscrire à un compte bancaire.

Une fracture numérique de plus en plus grande

C’est un secret de polichinelle que d’évoquer aujourd’hui les sempiternelles difficultés des populations aussi bien urbaines, que rurales d’avoir accès à une connexion internet. Plusieurs raisons pourraient justifier cette situation.

Le manque de démocratisation de maisons de téléphonies mobiles. Au Gabon deux sociétés sont en situation de quasi-monopole; Airtel Gabon et Gabon Télécom depuis bientôt une décennie, ces structures font de ce secteur leur chasse-gardé. La conséquence immédiate est la surenchère des tarifs de datas. En témoigne, le site cable.co.uk qui révélait, le 6 mai dernier que le Gabon figurait à la 163ème place à l’échelle planétaire et 38ème sur le plan continental. Le coût du Go passe de 3353 Fcfa en 2019 pour 2958,50 Fcfa en 2020. Malgré une légère baisse, la tarification locale reste élevée par rapport aux pays voisins.

Par ailleurs, sur le plan qualité-prix le Gabon figure cette fois en bonne place. En effet, il le doit à sa faible population estimée à 2,1 millions d’habitants. Comment comprendre qu’avec autant de richesse, le Gabon est incapable d’assurer la desserte de connexion de manière convenable dans l’ensemble du pays. Les efforts de l’Etat bien que salutaire devraient être redoublés pour panser durablement cette ornière gigantesque qui gagne de plus en plus de terrain.

L’absence d’infrastructures qualitatifs

La question infra-structurelle est plus vaste qu’elle n’y paraît. L’insuffisance dans ce domaine a eu raison de bon nombre de projets. Afin, d’éviter de mettre la charrue avant les bœufs la construction de vrais infrastructures sont primordiales pour concrétiser ce genre de dessein. Car, une double problématique fait obstacle à l’acheminement dudit projet. A savoir, d’une part l’importation des produits locaux, puis ceux internationaux encore plus grande. L’état piteux de domaine routier ne facilite guerre les déplacements des produits nationaux. De l’autre côté, l’import international est encore plus complexe par le système douanier et autres taxes qui viennent remplir le sac à problème auxquels font face ceux qui souhaitent se lancer dans ce métier prometteur.  Sans omettre que le dernier pan reste l’acheminement des produits vers des clients dans un pays où le système postal et routier sont agonisants.

Le nombre de sociétés sous-traitantes pouvant s’occuper des livraisons est inférieur quand on sait qu’en moyenne tous les deux mois à peu près un concept de vente en ligne au Gabon est mis sur pied. L’adresse des villes et de quartiers lancé par l’ancienne mairesse de Libreville, Mme Ossouka Raponda, n’a pas eu les effets escomptés puisqu’il s’est limité aux endroits huppés et jeté aux oubliettes par son successeur Leandre Nzue.

Le gouvernement grâce à l’e-commerce devrait par ailleurs remplir ses caisses puis devenir un vecteur de développement essentiel des services permettant de livrer le client à domicile.

L’escroquerie, cause majeure du manque de confiance envers les plateforme de vente en ligne

Le système d’escroquerie appelé communément « broutage » très répandue en Afrique demeure en tête de liste des raisons qui crée le sentiment de manque de confiance chez les consommateurs auprès des plateformes en ligne.  Ainsi, ce climat de suspicion à favoriser le paiement cash à la livraison évitant ainsi le client méfiant de fournir des informations personnelles telles le numéro de carte bancaire.

Cette démarche également permet à l’acheteur de vérifier de l’authenticité et de qualité du produit commandé virtuellement. De cette façon, les responsables de structures d’e-commerce se retrouve avec un faible taux de paiement en ligne, qui contraste avec celui payé à la livraison qui est toujours plus élevé.

Déficit accablant en savoir faire

La main-d’oeuvre relative à ce domaine est d’autant plus rare qu’elle est indispensable.  Par ce que ces compétences sont complémentaires, beaucoup se retrouvent à faire dans du pilotage à vue. Un minimum de connaissances en technique de marketing, de commerce le tout bien enveloppé dans un carnet d’adresse suffit à bien débuté. Mais ce n’est pas toujours le cas sur le terrain. Ces derniers se lancent sans une once de maîtrise des savoirs sus-cités. A la fin la grande majorité d’entre-elles mettent la clé sous la porte et le reste change de secteur d’activité.

La liste des métiers à pourvoir dans les entreprises de e-commerce

  1. Responsable acquisition client ou trafic manager (Marketing)
  2. Responsable logistique E-Commerce (Production)
  3. Chef de projet web (Direction du développement/SI)

La liste de compétences à avoir pour réussir dans le e-commerce

Les experts sur les questions de vente en ligne ont distingué trois types de compétences indispensables pour faire un bon e-marketing à savoir :

  1. La connaissance globale des flux qui assurent la réussite d’un site de commerce : l’acquisition de prospects, leur transformation en client, leur suivi et leur fidélisation.
  2. La maîtrise spécifique de leur métier, associée intimement à la compréhension des métiers voisins : le marqueter sait parler outils avec le développeur, le logisticien est impliqué dans la fidélisation, le chef de projet tient compte des contraintes charges engendrées par la concentration de certaine périodes de ventes (soldes, fêtes).
  3. La compréhension des logiques de compétition et de partenariat dans un univers  où le partage de revenus et les alliances sont vitales pour développer le business.

La schématisation des quatre domaines qui mettent en lumière freins de l’essor de la vente en ligne au Gabon

  1. le marketing, consistant à accroître l’audience présente sur le site et à convertir cette audience en ventes ;
  2. la transaction : prise de commande et paiement de la transaction lorsqu’il est réalisé avant la livraison ;
  3. la chaîne logistique, permettant la livraison au client final. Cette chaîne logistique dans sa globalité comprend non seulement la composante déclenchée par la commande d’un utilisateur, à savoir la sortie de produit d’entrepôt et la livraison jusqu’à ce client, mais également l’ensemble des contraintes d’approvisionnement en produits (imports internationaux notamment) et la gestion d’un ou plusieurs entrepôts par pays ou plaque géographique ;
  4. le service client, ayant un rôle fort de réassurance et de fiabilisation des commandes.
  5. la technologie.

Cette liste, loin d’être exhaustive renferme pour l’essentiel les principaux obstacles dont tout entrepreneur doit pouvoir sauter pour se faire une place dans le milieu de la vente en ligne au Gabon.

Une lueur d’espoir dans le secteur du commerce en ligne au Gabon

Avec l’arrivé des services de paiement mobile pour e-commerçant tels que E-billing de Digitech Africa et PVit de BakoAI Pro, la vente en ligne de ce pays commence à voir le bout du tunnel. La plupart des sites web de e-commerce ou de place de marché lancés par des gabonais intègrent désormais un système de paiement mobile; elle dans la majorité des cas, elle reste le seul moyen sur ces plateforme, ce qui est tout à fait normal.